Groupe des
Anciens
Maires des
Hautes
Alpes


LES ACTIONS CONDUITES PAR GAMHA
ENQUÊTE : LE LOUP CHEZ NOUS

Des résultats
Une récente enquête auprès des anciens Maires du département des Hautes-Alpes démontre, si cela était encore nécessaire, que le retour des loups pose un sérieux handicap au développement de l'agriculteur de montagne, au tourisme dit de nature, à l'activité de la chasse.
Nombre de réponses reçues : 92


Principales réactions :
. Le loup n'a pas sa place dans nos espaces agricoles et touristiques.
. L'espèce n'est pas menacée.
. Mettre le loup dans un parc.
. L'argent des indemnisations serait mieux placé ailleurs.
. Que ceux qui veulent le loup s'installent comme agriculteurs. etc.

CONCLUSION
La fin de l'année 2006 se dessine et encore une saison de pastoralisme qui se termine. Les premières estimations qui sont portées à la connaissance des éleveurs, des élus, des responsables en tout genre, laissent supposer une baisse sensible des dégâts. Le problème de la présence du loup n'est pas pour autant résolu, bien au contraire. Il semble même que certaines positions se radicalisent pour le solutionner.
Les éleveurs ont tout tenté pour se faire entendre. Ils ont assisté à de très nombreuses réunions, dites de conciliation où il leur a été fait des propositions d 'aides (indemnités des dégâts avérés, parcs électrifiés, chiens « patous », bergers auxiliaires, tirs d'effarouchement). Mais jamais une véritable solution n'a été mise en place pour permettre une activité normale de leur profession. Déjà très impliqués dans les travaux de leur exploitation durant la saison d'été, il faudrait qu'ils consentent encore un effort particulier et financier pour se protéger du loup. De qui se moque-t-on ?
Aujourd'hui, toute personne qui travaille, perçoit un revenu, a droit à des congés, des loisirs en tout genre, bénéficie de repos compensateurs ou indemnités en cas de travail supplémentaire. Les éleveurs qu'ont-ils ? Avec la présence du loup, ils ont droit à un surcroît de travail qui exclut tout congés ; ils ont une perte de revenus car les dégâts ne sont jamais indemnisés en totalité. Enfin, en « prime » ils ont le souci permanent d'une « catastrophe » dans leur troupeau.
Pour ne pas avoir trouvé de solution pérenne à ce problème de la présence du loup sur les alpages, l'avenir risque de ne pas être aussi idyllique que certains veulent bien le laisser croire.
« L'argent ne fait pas toujours le bonheur, même s'il y contribue un peu ». Tout éleveur souhaite garder sa dignité et la fierté de son travail. Après des périodes de découragement, il reprendra le moral et la force de continuer son activité agricole. Il aura forcément réfléchi à de nombreuses solutions pour se protégé du loup, celles-ci ne seront peut-être pas du « goût des pro loup » ; mais comment faire lorsque les solutions proposées ne donnent pas satisfaction en priorité aux éleveurs, mais également aux professionnels du tourisme et aux chasseurs. Les éleveurs se sont soumis aux contraintes de l'Etat, notamment par l'acquisition de chiens « patous ». Le ratio, chiens-nombre de moutons, va impliquer de véritables meutes de chiens sur les alpages. Alors, les randonneurs, les touristes, les chasseurs doivent passer très, très loin des troupeaux. Mais, dans la journée, ces chiens ne manqueront pas de se « distraire » avec des marmottes, des petits lièvres, des diverses nichées d'oiseaux (tétras et d'autres), et pourquoi pas avec quelques chevreuils et petits chamois. Alors, dans quelques années, nous constaterons les dégâts.
Si, le retour du loup paraît inévitable, il sera nécessaire de tout mettre en ouvre pour permettre aux uns et aux autres d'exercer leurs activités, qui elles aussi évoluent dans le temps. Dire, que la présence du loup ne pose pas de problème et qu'elle est un élément de la régulation de la faune est utopique et dénote un manque de clairvoyance. Qui veut prendre aujourd'hui le risque réel de voir disparaître des pans entiers de l'agriculture de montagne, l'abandon de secteurs touristiques, la disparition de certaines espèces de gibier ?

Lucien DAVIN
Novembre 2006

 

Association départementale déclarée en préfecture des Hautes-Alpes le 30/11/2001 sous le numéro W052001230.