Groupe des
Anciens
Maires des
Hautes
Alpes




DES OPINIONS :
À PROPOS DU CUMUL DES MANDATS

COUP de GUEULE sur le CUMUL des MANDATS
(Cet article n'engage que l'auteur)

Mon propos n'est pas de régler d'une manière exhaustive la question du cumul des mandats, mais de poser le problème, d'autant que la question est complexe.
Les élus, en règle générale, aiment à cumuler les mandats et les fonctions pour acquérir le pouvoir, ils sont attirés par différents suffrages, c'est une évidence. L'ambition en Démocratie est naturelle.

Si je voulais être un peu provocateur pour entamer le débat, je poserais la question suivante : « Que font nos élus ? Réponse : « Ils cumulent les mandats et les fonctions » Bien sûr, je prends un raccourci. Je dois préciser, tout de suite, que tous ne le font pas, loin s'en faut. Mais ceux qui cumulent, ont souvent des postes clés.
Prenons un maire d'une commune moyenne dans notre département, pour ne pas s'éparpiller, car nous trouverions toujours ailleurs, des contre-exemples et des contradictions, ce maire devrait passer 8 à 10 heures par jour à la mairie, entre les réunions, les suivis des investissements, le courrier, les affaires courantes, les rendez-vous, etc. S'il a un deuxième mandat, le temps est à diviser par deux ou par trois.

Autre exemple, ceux qui ont des mandats nationaux et des mandats locaux sont des élus absents au moins 3 jours de leur circonscription. Pendant leur absence qui gère ? Qui administre ? L'adjoint, les adjoints ? Ou bien le directeur des services, le secrétaire de mairie ? Ces deux derniers n'étant pas des élus.
L'argument de poids qu'ils invoquent quand ils sont interpellés à ce sujet, est de répondre : « C'est une question d'organisation et il nous faut garder une attache locale, pour connaître les problèmes et pour ne pas être coupés des citoyens ». (Je dirais : « des électeurs ») Mauvais argument à mon sens. S'ils ne veulent pas être coupés de leurs électeurs, qu'ils rencontrent les élus locaux, qu'ils viennent faire des réunions dans les quartiers, dans les villages, dans les hameaux, qu'ils fassent les marchés, les manifestations, etc. Qu'ils se fassent voir et que nous puissions les interpeller. Qu'ils donnent des explications, qu'ils fassent de la pédagogie. Cela serait beaucoup plus efficace.

Le « vol » des mandats est une atteinte à la démocratie, en effet, et là il faut prendre le conditionnel, si un candidat n'avait qu'un seul mandat électif à la fois et qu'il soit limité dans le temps, en ayant la possibilité d'en avoir d'autres par la suite, le nombre d'élus augmenterait dans de grandes proportions, donc la représentativité globale des citoyens serait, elle aussi augmentée, d'où une meilleure démocratie. Le contraire appartient à la « caste » des élus professionnels qui monopolisent les pouvoirs, le tout sans partage et sans concession.
La Loi à ce sujet, qui a été modifiée ces dernières années, est toujours trop molle, nos législateurs ne sont pas allés assez loin et pour cause. (On ne coupe pas la branche sur laquelle on est assis).
Ce qui m'interpelle surtout, c'est le temps. En effet, le travail qui est à faire dans une mairie n'est pas compatible avec une dispersion de l'esprit, des mouvements dans l'espace et des contraintes de temps. L'homme est assez intelligent pour passer d'un dossier à un autre, il se déplace avec les moyens modernes assez rapidement, mais le temps... « L'ennemi vigilant et funeste, le temps » ( Baudelaire).
A trop vouloir en faire, les cumulards n'ont plus le temps de réflexion, ils perdent la notion du bon sens et n'ont plus « l'intelligence du terroir » .
Que nenni ! Qu'ils en cumulent un peu moins, ils en feront un peu plus !

Michel MERLE
Janvier 2006

Cette idée, qui survole le sujet, a pour but que d'engager le débat. On peut être d'accord ou pas, de trouver d'autres arguments et d'autres idées. A vous de nous le faire savoir. N'hésitez pas !

 

Association départementale déclarée en préfecture des Hautes-Alpes le 30/11/2001 sous le numéro W052001230.